Infiltration de cortisone : effets secondaires et précautions à prendre

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L’infiltration au cortisone est un traitement médical, complémentaire ou principal, localisé, de l’atteinte articulaire des rhumatismes inflammatoires, de l’arthrose, de la pathologie péri-articulaire, des névralgies d’origine disco-rachidienne.

Quels sont les effets secondaires qui peuvent survenir suite à une infiltration au cortisone ?

L’infiltration est une voie d’introduction des corticoïdes qui comporte les mêmes risques que ceux de la voie orale. Les effets secondaires peuvent être :

1. Effet diabétogène (hyperglycémie) 

– chez un diabétique sous insuline, il oblige parfois à augmenter les doses d’insuline ;
– chez un diabétique traité par hypoglycémiants oraux , il peut obliger à traiter le patient par insuline de façon habituellement transitoire et parfois définitive ;
– chez un sujet prédisposé, la corticothérapie locale peut déclencher un diabète.

2. Hypertension artérielle

Les facteurs de risque d’hypertension cortico-induite sont mal connus. Les patients les plus âgés et ceux aux antécédents personnels ou familiaux d’hypertension seraient plus souvent concernés. Par ailleurs, le risque serait faible pour des posologies de cortisone inférieures à 15-20 mg/j.

3. Choc anaphylactique

Cette situation, exceptionnelle mais potentiellement grave, est à traiter par :

– injection d’ adrénaline, en SC ou en IM, à la face antéro-externe de la cuisse ;
– oxygénothérapie ;
– appel au service d’urgence compétent.

4. Une réaction douloureuse

La douleur dans les toutes premières heures suivant l’infiltration n’est pas exceptionnelle (1 fois sur 10 environ) ; brève, elle ne dure guère plus de 48 h et ne s’accompagne pas de fièvre. Elle est le fait d’une réaction inflammatoire aux produits injectés sous forme de suspension de microcristaux de corticoïde.

Toute recrudescence douloureuse plus tardive, a fortiori en contexte fébrile, doit évoquer une arthrite septique , ce qui impose : d’abord une ponction articulaire, avec prélèvement du liquide pour culture, puis un traitement adapté rapide.

5. L’infection articulaire

C’est une complication grave de l’injection articulaire des corticoïdes, elle expose à des séquelles fonctionnelles ; elle est généralement secondaire à une mauvaise asepsie pendant le geste d’infiltration.

6. Une atrophie de la peau 

Elle est possible au lieu même de l’injection et semble le fait de certains produits ou d’injections répétées.

7. Fragilisation des tendons

L’injection intratendineuse est proscrite car elle fragilise les tendons et les expose à la rupture.

Quelles sont les précautions à prendre avant une infiltration ?

• Pas d’injection intra-articulaire sans radiographie de l’articulation à infiltrer.
• Pas d’infiltration sans avoir éliminé une arthrite infectieuse, y compris tuberculeuse.
• Pas d’infiltration pendant une infection en évolution (angine, bronchite, sinusite, etc.).
• Certains s’assurent par une mesure préalable de la CRP ou des facteurs de la coagulation de l’absence de syndrome inflammatoire associé ou d’un risque hémorragique, cliniquement inattendu.
• Peser les avantages chez les sujets à risques (diabète, sujets sous anticoagulants). Le traitement anticoagulant doit être adapté temporairement avant le geste.
• En cas d’injection épidurale, l’arrêt préalable de la prise d’aspirine ou d’ antiagrégants plaquettaires est conseillé.
• Mesures d’asepsie stricte pour éviter l’infection :

– Désinfection large de la surface cutanée autour du point d’injection préalablement marqué, point d’injection que l’opérateur ne touchera plus.

– Désinfectant efficace, coloré (alcool iodé, BÉTADINE ) ou même incolore pourvu qu’il soit efficace (SEPTÉAL ou autres solutions de chlorhexidine à 0,5 %, etc. ; attention, certaines solutions dosées à 0,05 % sont insuffisantes).

– Désinfectant appliqué avec une compresse stérile.

3 COMMENTAIRES

  1. J’ai une dégénérescence graisseuse modérée des muscles paravertibraux et je souffre toujours
    SVP je peux pas supporter je veux savoir si est ce que je peux faire pour guérir
    Je suis opéré d’une hernie discale l4l5 depuis 2008

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