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La prescription du sport sur ordonnance

Le concept du sport sur ordonnance fait son apparition dans les textes de loi français depuis le premier mars 2017. C’était une mesure très attendue, la reconnaissance officielle du sport comme une thérapeutique à part entière. Ce décret « Sport sur ordonnance » stipule :

« Le médecin traitant peut prescrire [au patient atteint d’une affection de longue durée] une activité physique dispensée par l’un des intervenants suivants :

1° Les professionnels de santé mentionnés aux articles L. 4321-1, L. 4331-1 et L. 4332-1 ;
2° Les professionnels titulaires d’un diplôme dans le domaine de l’activité physique adaptée délivré selon les règles fixées à l’article L. 613-1 du code de l’éducation ;
3° Les professionnels et personnes qualifiées suivants, disposant des prérogatives pour dispenser une activité physique aux patients atteints d’une affection de longue durée ».

Les malades peuvent ainsi se voir prescrire par leur médecin une activité sportive pour une trentaine d’affections à longues durées telles que : le diabète, les cancers, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaque … etc.

La sédentarité, un facteur de risque majeur 

Depuis une cinquantaine d’années, plusieurs études scientifiques médicales ont pu démontrer les bénéfices de la pratique d’une activité sportive adaptée pour ce type de patients, ce qui a grandement favorisé l’entrée du sport dans la prescription médicale.

L’OMS identifie la sédentarité, c’est-à-dire l’inactivité physique et sportive comme le 4e facteur de risque de mortalité au niveau mondial. En 2008, une étude de l’OMS a révélé qu’au niveau mondial, près de 31% des adultes âgés de 15 ans et plus manquaient d’activité physique et qu’environ 3,2 millions de décès chaque année étaient attribuables au manque d’exercice.

Dans la résolution WHA66.10 de l’OMS, les États Membres ont convenu d’un objectif de diminution de la sédentarité a hauteur de 10% d’ici 2025.

Des bienfaits réels

Diabète : meilleure oxygénation des tissus, une meilleure régénération cellulaire, diminution du stress oxydatif, préservation de ma paroi interne des vaisseaux, baisse de la viscosité du sang et stimulation du développement de nouveaux capillaires sanguins. De quoi mettre toutes les chances de son côté pour éviter un accident.

Hypertension artérielle et maladies vasculaires : la pratique régulière d’un sport améliore la circulation sanguine et est un bon moyen pour lutter contre l’hypertension artérielle, elle améliore la vasodilatation des artères, le sang va mieux circuler. En réduisant le taux de « mauvais » cholestérol (LDL) et le taux de triglycérides et en augmentant celui de « bon » cholestérol (HDL), le sport aide à prévenir la formation de caillots dans les artères.

Cancers : des études montrent que le sport a pour effet de prévenir certains types de cancers. Le simple fait de pratiquer une activité physique régulière entraînerait ainsi une diminution de 30 à 40 %. Par ailleurs, le sport peut être bénéfique aussi pour ceux qui sont déjà atteints d’un cancer, le risque de mortalité est significativement moins élevé que ceux qui ne pratiquent pas de sport.

L’évolution des différentes formes possible de la pratique sportive ainsi que l’association de « Sport – Médecine » s’inscrit désormais dans un désir de résistance à la société de consommation et à la volonté d’impliquer davantage le malade dans la prise en charge de sa maladie.

À qui confier le malade ? 

L’ordonnance est délivrée par le médecin traitant du patient et c’est un professionnel du sport qui prendra le relais. Il s’agit d’une nouvelle approche complémentaire non médicamenteuse, abordable, efficace, et scientifiquement reconnue.

Le coach sportif qui prend en charge ce type de patients est titulaire d’un diplôme APA (Activité Physique Adapté) obtenu au cours d’une licence STAPS dans cette même spécialité ou dans un Master. D’autres professionnels du sport peuvent aussi intervenir dès lors qu’ils sont formés et spécialisés dans les affections ‘longues durées’. Des stages au sein des hôpitaux et dans d’autres centres spécialisés des affections de longues durées leur sont ainsi proposés.

Remboursement 

En France, le fait de prescrire une activité sportive sur ordonnance devrait permettre une forme de remboursement, au moins partielle, par la sécurité sociale. Or ce n’est pas le cas car le décret du 1er Mars 2017 n’évoque aucun remboursement provenant de l’état. Malgré cela, il n’est pas impossible qu’à terme un remboursement partiel, voire total, des séances de sport soit décidé par les pouvoirs publics. Ceci serait plus en adéquation avec l’esprit de la loi qui stipule que les frais relatifs aux traitements des affections de longues durées sont pris en charge intégralement par la sécurité sociale. En attendant une éventuelle évolution, certaines mutuelles proposent des aides dans ce sens.

Par ailleurs, certaines communes, comme la ville de Strasbourg, proposent une aide financière supplémentaire pour les malades bénéficiant d’une prescription des séances de sport.

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