L’entorse chez l’enfant existe-t-elle vraiment ?

Hôpitaux de Saint-Maurice. 9e congrès de traumatologie du sport — 2015, Bruxelles.

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Le concept selon lequel « il n’y a pas d’entorse chez l’enfant ; il n’y a que des décollements épiphysaires » n’est plus tout à fait vrai. Chez le très jeune enfant, il reste cependant d’actualité car c’est le cartilage de croissance qui est le maillon faible de l’unité muscle tendon-os. Il est donc plus souvent le siège du traumatisme que les ligaments, plus résistants contrairement à l’adulte.

La lésion ligamentaire intéresse davantage le « grand enfant ». La présentation clinique est classique. Le testing dynamique n’est pas recommandé sur les physes ouvertes. Il convient d’éliminer en premier une lésion osseuse (bilan radiographique systématique), mais également une arthrite septique ou une ostéomyélite, surtout chez un jeune enfant sans contexte traumatique. Avant l’âge de 8 ans, le traitement repose sur l’immobilisation plâtrée pendant au moins 3 semaines.

Chez les plus grands, plusieurs critères vont guider le choix du traitement (immobilisation stricte ou orthèse) : existence d’un gonflement, présence d’un hématome diffus ou d’un
oeuf de pigeon, pratique sportive ou non, antécédents d’entorse, compliance au traitement.

L’algoneurodystrophie existe chez l’enfant. Il faut y penser devant un refus d’appui après plusieurs semaines, des douleurs diffuses de la cheville, un membre inférieur froid. Le traitement repose sur une prise en charge globale et surtout un arrêt de toute immobilisation.

Devant une instabilité chronique de la cheville, il faut avant tout éliminer : les fausses entorses (synostose, ostéochondrite du dôme talien), les troubles statiques (pied-plat
valgus, pied-cavus), une pathologie neuromusculaire débutante, une vraie hyperlaxité constitutionnelle.

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