Algodystrophie : la rééducation sous hypnose donne de bons résultats

Article publié sur Medscape.com.

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Associer l’hypnose à la rééducation par kinésithérapie améliore très significativement la prise en charge du syndrome algoneurodystrophique (SDRC) de la main et du poignet, selon une petite étude prospective présentée au congrès de la SOFCOT 2016.

«Il s’agit de la première étude sur l’algodystrophie et l’hypnothérapie associée à la kinésithérapie et elle montre qu’il s’agit d’un moyen de prise en charge efficace du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC) de la main et du poignet, quelle que soit la phase évolutive. Elle est applicable à tout individu et sans effet secondaire notable », a commenté le Dr Julie Lebon (Institut de l’appareil locomoteur, CHU de Toulouse, Unité d’orthopédie de Purpan), auteur principal de l’étude.

En introduction de sa présentation, le Dr Lebon a rappelé que la physiopathologie du SDRC, anciennement appelé algoneurodystrophie est probablement la résultante d’un emballement du système nerveux sympathique, de la perturbation du schéma corporel et de facteurs psychologiques. Elle a souligné que la prise en charge était difficile, longue et aléatoire. Son incidence est de 25/100000 habitants avec un impact socio-économique majeur et peu de traitements à médiation psychologique validés.

Le protocole KHM

Une première étude rétrospective effectuée dans le service du CHU de Toulouse avait été réalisée en 2013 sur l’intérêt du protocole KHM associant kinésithérapie, hypnose et MEOPA (Mélange équimolaire d’Oxygène et de Protoxyde d’Azote) chez 69 patients, avec de bons résultats.

Hypnose + MEOPA
Contrairement à l’hypnose conversationnelle, l’hypnose avec MEOPA assure une analgésie de surface, une sédation consciente, une anxiolyse et une euphorie. Elle permet une «meilleure focalisation sur autre chose» et une adhésion active. La méthode donne l’impression d’avoir fait un rêve agréable et limite l’appréhension pour le geste futur.

Aujourd’hui, le Dr Lebon présente les résultats d’une étude prospective qui a inclus consécutivement tous les patients présentant un SDRC de type 1 main-poignet dans le service d’orthopédie du CHU de Purpan, quelle que soit la phase évolutive, entre le 1er mai 2014 et le 30 avril 2015.

Selon le Dr Lebon et coll., ces bons résultats sont probablement dus à la suggestion sous hypnose qui diminuerait l’activité cérébrale des zones stimulées au cours des soins douloureux, et possiblement à la mise en activité virtuelle du membre pathologique et à la libération des émotions. Tous ces éléments auraient permis une meilleure progression en rééducation.

Concernant les limites, le Dr Lebon a mentionné la petite taille de l’effectif et l’absence de groupe comparatif. Ces résultats restent donc à confirmer dans de plus vastes études.

Références : Rééducation sous hypnose – une solution pour le syndrome douloureux régional complexe de type 1 touchant la main et le poignet Julie Lebon (Toulouse, France), Pierre Mansat, Fanny Elia, Vadim Azoulay, Stéphanie Delclaux, Costel Apredoaei, Michel Rongières. Communications particulières Main/Poignet. SOFCOT. Mardi 8 novembre 2016.

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