Talalgie : 9 origines des douleurs du talon

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Les douleurs du talon ou talalgies sont une cause fréquente d’inconfort. Elles peuvent être dues à une enthésopathie mécanique ou inflammatoire, à une bursite, à une compression nerveuse, à une atteinte osseuse ou des tissus mous.

Grâce à l’imagerie avec l’échographie et l’IRM, les structures atteintes peuvent être analysées, ce qui permet d’obtenir un diagnostic précis et la mise en oeuvre de traitements adaptés.

Qu’est ce qu’une talalgie ?

C’est une douleur ressentie au talon et dont l’origine se situe à ce niveau. Cette douleur traduit la souffrance du talon qui correspond anatomiquement au calcanéus et aux tissus mous péricalcanéens.

Il existe deux types, les talalgies mécaniques, de loin les plus fréquentes, et les talalgies d’origine inflammatoire qu’il faut savoir évoquer.

Qu’est ce qu’une enthèse ?

Les enthèses correspondent aux insertions osseuses des tendons, des ligaments et des capsules articulaires. C’est une zone de transition fibrocartilagineuse qui est spécialement altérée par certains rhumatismes comme les spondylarthropathies.

Quelles sont les différentes origines des douleurs du talons ?

La clinique est primordiale dans l’approche du diagnostic et doit préciser le siège de la douleur, le mode de survenue et l’existence d’éventuels signes associés à distance du pied.

1. Fasciite plantaire ou épine calcanéenne

L’épine calcanéenne est à l’origine d’une douleur plantaire ou talalgie sous-calcanéenne, d’installation progressive, survient à la marche, parfois décrite comme une « sensation de clou », à l’origine d’une gêne fonctionnelle variable et d’une boiterie.

Image radiographique d’une épine calcanéenne ou faciite plantaire.

2. Talalgies des spondylarthropathies

L’atteinte inflammatoire des enthèses est le point commun des rhumatismes faisant partie du groupe des spondylarthropathies comme la spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique, les rhumatismes des entérocolopathies [maladie de Crohn et rectocolite ulcérohémorragique],..

La talalgie représente un symptôme majeur au cours des spondylarthropathies. La douleur est volontiers bilatérale et ne réveille jamais le malade la nuit. Elle survient dès le lever à la mise en charge où la douleur est particulièrement vive puis s’estompe lentement à la marche.

3. Tendinopathies calcanéennes d’insertion

Elles sont alors la conséquence de contraintes en traction au niveau de l’enthèse. Cela engendre une rigidification progressive par vieillissement du tendon qui perd son rôle d’amortisseur des contraintes mécaniques vis-à-vis de l’os, et une diminution de la résistance osseuse à la traction en regard de la plaque d’insertion tendineuse.

L’âge classique de survenue se situe dans la 5e décennie. Le sport joue un rôle moins important que pour les autres tendinopathies calcanéennes. En revanche, on retrouve souvent une surcharge pondérale et des troubles métaboliques.

4. Maladie de Haglund

La lésion tendineuse est ici la résultante d’un conflit entre l’angle postérosupérieur du calcanéus et la chaussure. Elle correspond aux symptômes liés au conflit entre la face antérieure du tendon et le coin postérosupérieur du calcanéus qui peut présenter une saillie anormale favorisant le conflit.

5. Talonnade

Douleur plantaire aiguë par attrition du capiton plantaire suite à un traumatisme par choc à la réception, déclenchant une douleur brutale gênant tout appui talonnier.

6. Ruptures de l’aponévrose plantaire

Le diagnostic est facilement évoqué devant une douleur brutale, survenant au démarrage, à l’impulsion ou à la réception d’un saut. On retrouve le plus souvent une sensation de déchirure et d’effondrement du pied, conduisant à l’arrêt immédiat de l’activité avec une impotence fonctionnelle majeure. L’échographie et l’IRM sont utiles pour affirmer cette rupture et préciser son siège.

7. Fractures de fatigue

Une fracture de fatigue correspond à une pathologie d’adaptation de l’os à l’effort avec, en des zones localisées telles que le calcanéus. La douleur est typiquement de rythme mécanique, déclenchée par la mise en charge. Une boiterie d’esquive d’appui est classique.

8. Talalgies au cours de la maladie de Paget

Sa localisation aux os du pied n’est pas rare avec une affinité particulière pour le calcanéus lors d’une maladie de Paget en général plurifocale. Cliniquement, elle se traduit par une talalgie plantaire ou diffuse et parfois par une augmentation de volume de la région talonnière gênant le chaussage. Les clichés simples apportent le diagnostic en montrant l’association d’une hypertrophie osseuse.

9. Talalgies de l’enfant : maladie de Sever

Elle correspond à une ostéochondrose avec atteinte du noyau d’ossification secondaire du calcanéus chez un enfant, surtout un garçon sportif de 8 à 13 ans.

L’enfant se plaint de talalgies uni- ou bilatérales, d’aggravation progressive, intermittentes, calmées par le repos, réapparaissant à la marche prolongée ou à la course.

La radiographie peut mettre en évidence un noyau secondaire fragmenté ou condensé, sans spécificité.

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