Traitement de la cicatrice hypertrophique et chéloïde

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La peau est la première barrière de protection du corps humain. Toute agression cutanée sera à l’origine d’un processus de remaniements nommé « cicatrisation » qui a pour objectif d’aboutir à une restitution optimale de son intégrité.

Cette cicatrisation est un mécanisme complexe, passant par différentes étapes qui se succèdent avant d’aboutir à une cicatrice définitive en quelques mois. Néanmoins, il arrive que cette cicatrisation soit pathologique (hypertrophique ou chéloïdienne) ou aboutisse à un résultat cicatriciel défectueux ou « vicieux ».

Quelle différence entre une cicatrice hypertrophique et chéloïdienne ?

Les cicatrices hypertrophiques (CH) et chéloïdes (CC) sont des tumeurs bénignes (boursouflées, volumineuses, rouges, dures) qui résultent d’une réponse anormalement excessive à un traumatisme cutané. Ces deux types de cicatrisation se différencient par plusieurs éléments.

La cicatrice hypertrophique CH : elle reste cantonnée aux limites du traumatisme initial et guérit progressivement en 12 à 18 mois.

La cicatrice chéloïdienne CC : elle n’évolue presque jamais spontanément vers la guérison, et son extension se fait au-delà des limites du traumatisme initial. Les cicatrices chéloïdiennes sont plus fréquemment observées chez les sujets noirs et asiatiques que chez les sujets caucasiens.

Y a-t-il des facteurs de risques ?

Un certain nombre de facteurs prédisposants sont identifiés : les personnes à peau noire ou jaune sont plus exposées que les peaux blanches, à des cicatrices excessives. Les jeunes enfants sont plus à risques.

Certaines parties du corps sont davantage concernées : le sternum, les épaules, le haut du dos, quelquefois le cou, les lobes de l’oreille voire la partie inférieure du visage.

La pathogénie exacte de la cicatrice chéloïde est inconnue à l’heure actuelle. Elles peuvent apparaître après une blessure, une brûlure, un acte chirurgical, voire un piercing.

Peut-on prévenir leur apparition ?

Différentes techniques préventives sont possibles pour prévenir l’apparition d’une telle cicatrice. Une crème hydratante appliquée régulièrement, maintient la souplesse de la peau et diminue la rougeur. Un massage et/ou pétrissage de la cicatrice, casse la fibrose au niveau de la cicatrice et la rend plus souple.

La pressothérapie à visée préventive est possible. Elle consiste à porter des vêtements compressifs, élastiques le jour et la nuit, pendant une durée suffisante sur 24 heures et ce durant de long mois. L’efficacité de cette technique est reconnue mais sa mise en application est contraignante.

L’absence d’exposition solaire est fortement conseillée.

Quels traitements peuvent m’être proposés pour une cicatrice chéloïde ?

Leur traitement s’impose devant l’existence de gêne et de signes fonctionnels invalidants et, le plus souvent, leur caractère inesthétique.

La chirurgie expose fréquemment au risque de récidive dans plus de la moitié des cas. Elle peut être associée à la pressothérapie voire également à une radiothérapie per et post-opératoire. Les résultats de la combinaison de plusieurs techniques sont meilleurs et permettent une correction satisfaisante sur le plan esthétique. Cependant, les récidives existent et ne peuvent être écartées.

1. Pressothérapie : elle est réalisée à l’aide de vêtements ou de dispositifs compressifs, avec ou sans plaque de silicone. Elle est utilisable en préventif, mais aussi en curatif. Son action est anti-inflammatoire et anti-œdème. Pour être efficace, la pression doit être supérieure à 25 mmHg pendant 6 mois.

2. Corticothérapies en injection intracicatricielle : ils possèdent une action anti-inflammatoire et antiœdémateuse et entraînent une diminution de la prolifération fibroblastique et donc de la production du collagène.

Injection de corticoïdes retard dans une cicatrice hypertrophique.
Injection de corticoïdes retard dans une cicatrice hypertrophique.

Elle s’effectue soit à l’aide d’aiguilles vissées sur la seringue (système Luer-Lock). Des douleurs sont néanmoins possibles au cours de ce geste. L’application locale sur la cicatrice d’une pommade aux corticoïdes est à éviter, car elle risque de provoquer une atrophie de la peau autour de la cicatrice.

On peut associer la chirurgie d’exérèse à la corticothérapie intracicatricielle pour optimiser le résultat.

3. Traitement par la chirurgie : pour les cicatrices hypertrophiques qui peut disparaître spontanément, le meilleur traitement est l’abstention. Dans le cas où la demande des patients est importante, une exérèse simple peut s’avérer efficace. Une plastie locale en Z ou W est parfois nécessaire pour réorienter une cicatrice et diminuer sa tension.

Résection intrachéloïdienne de la chéloïde rétroauriculaire.
Résection intrachéloïdienne de la chéloïde rétroauriculaire.

L’exérèse-suture intrachéloïdienne est le traitement de choix. Cette exérèse doit rester strictement intrachéloïdienne tant en périphérie qu’en profondeur, diminuant ainsi le risque de réactivation inflammatoire.

Pour beaucoup d’auteurs, l’associer à une autre thérapeutique, injection de corticoïdes ou radiothérapie, diminuerait les récidives.

4. Cryothérapie : l’azote liquide appliquée directement par spray, ou à l’aide d’une sonde transfixiante entraîne une congélation des tissus qui se nécrosent très rapidement. Certains la considèrent comme la meilleure thérapeutique, même si elle comporte quelques effets indésirables tels des dépigmentations ou des douleurs. Une association à la corticothérapie diminue le risque de récidive.

5. Plaques de silicone : l’utilisation de plaque de silicone est une thérapie non invasive rapportée dès les années 1980. Les silicones sont des polymères synthétisés à base de silicone et d’oxygène.

plaque-silicone

Pour être efficace, la silicone doit rester en place au moins 12 heures par jour pendant 2 mois pour montrer une efficacité.

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