Tendinite des adducteurs de la cuisse

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L’utilisation croissante des équipements de musculation dans les salles de gymnastique pour le renforcement des membres inférieurs a entraîné une augmentation de l’incidence de la tendinite des adducteurs.

Quels sont les muscles adducteurs de la hanche ? 

Les muscles adducteurs de la hanche comprennent les muscles gracile (droit interne de la cuisse), long adducteur (moyen adducteur), court adducteur (petit adducteur) et grand adducteur. Les tendons des muscles adducteurs de la hanche prennent naissance le long de la branche descendante et de la branche horizontale du pubis, et une tendinite peut fréquemment survenir au niveau de cette zone d’insertion.

Comment survient la tendinite ? 

Ces tendons et leurs muscles associés peuvent être le siège d’une tendinite provoquée par un surmenage ou un traumatisme dû à des blessures par étirement. Les facteurs déclenchants comprennent l’utilisation énergique d’appareils de musculation pour le renforcement des membres inférieurs et l’étirement aigu de groupes musculo-tendineux à la suite de blessures sportives.

Le patient atteint d'une tendinite des adducteurs présente une douleur à la palpation de la racine des tendons adducteurs. Une adduction contrariée active ainsi qu'une abduction passive déclenchent la douleur.
Le patient atteint d’une tendinite des adducteurs présente une douleur à la palpation de la racine des tendons adducteurs. Une adduction contrariée active ainsi qu’une abduction passive déclenchent la douleur.

Quels sont les signes d’une tendinite des adducteurs ? 

La douleur ressentie dans la tendinite des adducteurs est vive, constante et sévère, et peut fréquemment s’accompagner de troubles du sommeil. Vous devez suspecter une tendinite des adducteurs face aux signes suivants :

• Début progressif d’une douleur de l’aine et de la partie interne de la cuisse, sévère, constante et vive.
• La douleur irradie souvent dans la partie interne et proximale de la cuisse.
• Résultat positif du test de compression au genou de Waldman.
• Une démarche en se balançant est souvent présente.
• Le patient peut marcher avec le tronc penché vers l’extrémité affectée.
• Pseudoblocage et craquement peuvent être présents.
• Exacerbation de la douleur avec l’abduction passive et contrariée de la hanche.
• Le patient est incapable de dormir sur le côté affecté.

Le patient atteint d'une tendinite des adducteurs a un test de Waldman de resserrement des genoux positif. A. Le patient tient légèrement une balle de tennis entre les genoux. B. Le patient atteint d'une tendinite des adducteurs effectue une abduction réflexe des genoux, ce qui provoque la chute de la balle.
Le patient atteint d’une tendinite des adducteurs a un test de Waldman de resserrement des genoux positif. A. Le patient tient légèrement une balle de tennis entre les genoux. B. Le patient atteint d’une tendinite des adducteurs effectue une abduction réflexe des genoux, ce qui provoque la chute de la balle.

Quels examens à effectuer ?

• Des radiographies standard doivent être effectuées chez tous les patients présentant une douleur de la hanche, de la cuisse et de l’aine (pour éliminer l’arthrose).

• Selon le tableau clinique présenté par le patient, des analyses biologiques supplémentaires comprenant une numération-formule sanguine et une vitesse de sédimentation peuvent être indiquées (pour éliminer une arthrite inflammatoire).

• Une imagerie par résonance magnétique (IRM) de la hanche est nécessaire si une nécrose aseptique ou une masse occulte sont suspectées.

• Echographie met en évidence un épaississement du tendon.

• Un électromyogramme (EMG) permet d’éliminer un syndrome canalaire ou un traumatisme du nerf obturateur, ainsi qu’une plexopathie et une radiculopathie.

• L’infiltration au niveau de l’insertion des tendons adducteurs constitue à la fois une manœuvre diagnostique et thérapeutique.

Traitement de la tendinite des adducteurs

Le traitement initial de la douleur et de l’incapacité fonctionnelle doit comprendre l’association d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d’inhibiteurs de la cyclo-oxygénase-2 (COX-2) et d’une kinésithérapie. L’application locale de chaleur et de froid peut également être bénéfique.

La kinésithérapie, incluant des étirements doux, des exercices de mobilité et les modalités de chaleur profonde, peut être bénéfique chez des patients sélectionnés.

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Chez les patients qui ne répondent pas à ces modalités thérapeutiques, l’infiltration de la zone d’insertion des tendons adducteurs de la hanche avec un anesthésique local et un corticoïde peut être envisagée comme étape thérapeutique ultérieure.

La chirurgie peut être indiquée en cas de douleur persistante et de handicap fonctionnel progressif.

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