L’épaule gelée ou capsulite rétractile est une cause fréquente de la douleur de l’épaule, elle correspond à une raideur (blocage des mouvements) de l’épaule en rapport avec une rétraction de la capsule articulaire.  

C’est une affection qui touche particulièrement la femme entre 40 et 60 ans. Par méconnaissance, elle est souvent confondue avec une rupture de la coiffe des rotateurs.

vue postéro-latérale d’une épaule droite. * : capsule articulaire postéro-inférieure souple. La tête humérale reste centrée lors de l’élévation du bras ; b : vue postéro-latérale d’une épaule droite. Rétraction capsulaire postéro-inférieure (flèches rouges) et ascension tête humérale avec conflit secondaire sous-acromio-deltoïdien (flèches noires).
vue postéro-latérale d’une épaule droite. * : capsule articulaire souple. La tête humérale reste centrée lors de l’élévation du bras ; b : Rétraction capsulaire postéro-inférieure (flèches rouges) et ascension tête humérale avec conflit secondaire sous-acromio-deltoïdien (flèches bleues).

La capsule articulaire est un tissu en forme de manchon qui entoure l’articulation. Elle est constituée de deux couches, une capsule fibreuse à l’extérieur et une membrane synoviale à l’intérieur.

Quels sont les causes de l’épaule gelée ? 

Elle est le plus souvent idiopathique (sans causes décelable), parfois survient après un traumatisme ou lors de la prises de certains médicaments (barbituriques, isoniazide), mais peut quelquefois être associée à une maladie cardiovasculaire (insuffisance coronaire), neurologique (hémiplégie) ou un diabète.

Des capsulites ont été décrites également dans l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) chez des patients traités par trithérapie antirétrovirale comportant (indinavir).

Comment reconnaître une épaule gelée ? 

La douleur est souvent intense, brutale, nocturne, pseudoinflammatoire (sans inflammation réelle) et irradie le long du moignon de l’épaule. Au bout de quelques mois (4-6) les douleurs diminuent et la raideur passe au premier plan.

En effet deux phases se succèdent :

– Première phase douloureuse : pseudo-inflammatoire, avec une douleur qui peut réveiller le patient de son sommeil, en particulier quand il dort sur le coté atteint, qui dure 4 à 6 mois ; la maladie ayant un début progressif, elle est souvent confondue au début avec une «périarthrite» ; c’est la constatation d’une raideur trop importante et touchant tous les mouvements de l’épaule qui fait redresser le diagnostic;

– Deuxième phase de raideur : Pendant cette phase la raideur (blocage des mouvements) prédomine sur la douleur, qui n’apparaît le plus souvent qu’aux mouvements extrêmes et brusques.

Testing de la rotation latérale. La rotation latérale se teste de façon comparative (a). Limitation de la rotation latérale droite telle qu'on l'observe dans une capsulite (b).
Test de la rotation latérale. La rotation latérale se teste de façon comparative (a). Limitation de la rotation latérale droite telle qu’on l’observe dans une capsulite (b).

L’évolution se fait pratiquement toujours vers la guérison complète , même spontanément, mais en 12 à 18 mois en moyenne.

Examens à réaliser pour poser le diagnostic

Le plus souvent, l’examen clinique du médecin est suffisant mais quelques examens peuvent être nécessaires.

• Radiographie standard : normale, il n’y a pas d’arthrose et d’autres maladies articulaires.
• IRM ou échographie : un épaississement de la capsule hypoéchogène et hypervascularisé.
• Arthrographie : rétraction de la capsule articulaire avec douleur lors de l’injection.

• Biologie : VS, CRP leur dosage est normal.

Quel est le traitement de l’épaule gelée ?

L’évolution se fait pratiquement toujours vers la guérison complète, même spontanément, mais en 12 à 18 mois en moyenne. Pour accélérer la guérison, votre médecin peut procéder à plusieurs moyens thérapeutiques en fonction de la phase de la maladie :

Pendant la phase douloureuse initiale, le traitement comporte :

– les antalgiques à posologie suffisante ;
– les anti-inflammatoires non stéroïdiens, en particulier au début, avec les précautions d’usage ;
– ou les infiltrations locales de corticoïdes , qui donnent de bons résultats mais seulement sur la douleur, en particulier celle du décubitus homolatéral. 1 à 4 injections de cortivazol (ALTIM) ou de bétaméthasone (DIPROSTÈNE), à 2 ou 4 sem. d’intervalle, aident à atteindre la seconde phase évolutive.

À la phase de raideur par rétraction capsulaire :

Le traitement actuel de première intention est la capsulodistension (distension de la capsule articulaire). Elle doit être pratiquée au-delà du 3 e , 4 e mois d’évolution sous scopie télévisée ou sous échographie, avec opacification. La distension se fait avec un produit anesthésique (lidocaïne) et du sérum physiologique. La quantité totale est donc de 30 à 40 mL, il est inutile d’injecter plus. Il faut mobiliser l’épaule et refaire des clichés car la capsule se rompt secondairement.

La kinésithérapie fait suite immédiatement à la distension pour profiter de l’effet antalgique. La distension agit surtout sur la raideur qu’elle améliore.

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En cas d’échec on peut discuter une intervention chirurgicale qui consiste à réaliser une capsulotomie sous arthroscopie ou un bloc (anesthésie) du nerf sous-scapulaire.

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