6 complications de l’obésité sur l’os de votre enfant

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KidStock/Blend Images/Getty Images

L’obésité de l’enfant et de l’adolescent est non seulement un facteur de risque pour contracter le diabète et les maladies cardiovasculaires à un age jeune, mais elle constitue également un risque majeur pour le squelette osseux en croissance. Nous allons vous citer 6 complications orthopédiques de l’obésité :

1. L’épiphysiolyse

L’épiphysiolyse fémorale supérieure est une maladie du cartilage de croissance de l’extrémité supérieure du fémur qui fait que la tete du fémur glisse et se déplace par rapport au col qu’elle surmonte. Elle entraîne des douleurs, une boiterie, voir une impossibilité de marcher. Le diagnostic est confirmé par la radiographie du bassin.

Le traitement est exclusivement chirurgical (fixation de tete fémorale en place dans les faibles déplacements – repositionnement dans les grands déplacements).

Radiographie du bassin de face : épiphysiolyse fémorale supérieure gauche (glissement de la tête fémorale).
Radiographie du bassin de face : épiphysiolyse fémorale supérieure gauche (glissement de la tête fémorale).

Les séquelles sont graves dans les grands déplacements (risque d’arthrose précoce). Habituellement considérée comme une maladie de l’adolescent, l’épiphysiolyse survient maintenant chez des enfants de moins de 10 ans qui sont en surpoids important.

2. La maladie de Blount

tibia varaElle correspond à un dysfonctionnement de la partie médiale du cartilage de croissance de l’extrémité supérieure du tibia, cette anomalie conduit progressivement à une déformation se traduisant par des jambes arquées avec une angulation de l’os juste sous le genou (varus).

Le diagnostic de maladie de Blount doit être posé après l’âge de deux ans car le tibia varus peut être physiologique (habituel) avant cet âge.

Le varus, et le surpoids augmentent les contraintes sur ce cartilage de croissance déjà détérioré, ce qui inhibe son fonctionnement, et va avoir tendance à aggraver d’autant plus la déformation. Le traitement en est complexe et nécessite plusieurs interventions chirurgicales.

3. Les défauts des axes

Cet excès de contrainte se produit aussi chez des enfants qui n’ont pas de maladie de Blount, avec une tendance au genu varum (jambes arquées), ce qui est plus fréquent chez les enfants obèses. Au delà d’une quinzaine de degrés, cette déformation va avoir tendance à poursuivre son aggravation.

Un aspect de genu valgum (jambes en forme de X) est fréquent chez l’enfant et l’adolescent obèse. Il est très souvent dû au volume important de la graisse interne au niveau du genou qui oblige à augmenter l’écart entre les 2 genoux pour éviter le frottement.

4. Les déformations rachidiennes

L’obésité n’entraîne pas la scoliose mais elle en complique particulièrement la prise en charge. La scoliose est une déformation en 3D du rachis qui est difficile à évaluer cliniquement chez un enfant obèse, d’où l’intérêt de réaliser des radiographies quand il y a un doute.

Le traitement orthopédique repose sur les corsets, qui ont pour but de freiner l’évolutivité de la déformation de la colonne vertébrale. Malheureusement le panicule adipeux important (la graisse) ne transmet pas de manière satisfaisante les forces de correction.

Le corset est donc assez peu efficace, et à coup sûr très contraignant pour ces enfants (transpiration augmentée, lésions au niveau des plis, etc.). Il sera très difficile d’éviter que ces scolioses ne s’aggravent, ce qui est d’autant plus dommageable que les traitements chirurgicaux posent aussi de gros problèmes sur ce terrain.

5. Obésité et sport

Pour favoriser la perte de poids, il est fortement conseillé que les enfants aient une activité sportive régulière. Ceci pose des problèmes chez les enfants obèses. Les traumatismes sont plus fréquents sur ce terrain.

L’activité physique chez ces enfants demande beaucoup d’énergie et surcharge leur squelette. Ceci explique la fréquence des microtraumatismes du cartilage de croissance apophysaire : maladie d’Osgood Schlatter au niveau de la tubérosité tibiale antérieure, ou de Sever au niveau de la grande apophyse du calcanéum (talon).

Il faut donc trouver un moyen terme, et expliquer aux enfants qu’il n’y a pas de risque particulier à poursuivre ces activités, mais que les douleurs sont directement proportionnelles à celles-ci. À eux de trouver un compromis entre ces 2 faits, et au médecin de leur proposer des antalgiques, des anti-inflammatoires locaux, des petits moyens (semelles orthopédiques dans la maladie de Sever) pour les aider.

6. Obésité et chirurgie orthopédique

Pour une grande majorité, les fractures chez l’enfant se traitent orthopédiquement par une réduction et une immobilisation plâtrée. Elle est beaucoup moins efficace chez l’enfant obèse, car la contention par le plâtre est de moins bonne qualité dans la mesure où le tissu graisseux ne transmet pas correctement les pressions des zones d’appuis.

Lorsque la mise en charge sur le membre inférieur est interdite durant la période de consolidation, la mobilisation de ces enfants est beaucoup plus difficile.

Lorsqu’une intervention chirurgicale est nécessaire, il faut s’attendre à avoir plus de complications chez le sujet obèse, même pour des gestes simples. On se rapproche alors beaucoup des problèmes de l’adulte, avec un risque infectieux, et thrombo-embolique (caillot dans le sang) plus important.

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