Les médicaments qui peuvent causer des tendinopathies

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tendinopathies par médicaments

De survenue rare mais certains médicaments sont connus pour leur toxicité tendineuse, ils peuvent être à l’origine de tendinopathies le plus souvent réversibles mais qui peuvent parfois être invalidantes.

L’atteinte est préférentiellement localisée aux tendons des membres inférieurs et particulièrement au corps du tendon d’Achille.

Le délai moyen d’apparition des symptômes est variable, allant de quelques jours pour les quinolones, à plusieurs mois pour les statines voire plusieurs années pour la corticothérapie au long cours.

À ce jour, quatre classes thérapeutiques ont été principalement mises en cause. Les quinolones et la corticothérapie au long cours sont les plus connues, auxquelles il faut ajouter les statines et les inhibiteurs de l’aromatase.

Les corticoïdes

La corticothérapie locale (infiltration) peut aboutir à des ruptures tendineuses, notamment lorsque l’infiltration n’est pas faite dans la gaine tendineuse, mais dans le tendon lui-même. La prise de corticoïdes au long cours peut fragiliser les tendons après des mois ou des années d’utilisation.

Certains antibiotiques

Des tendinopathies peuvent compliquer un traitement par fluoroquinolones, surtout pefloxacine et ofloxacine, alors que la levofloxacine serait la moins toxique. Elles concernent surtout les sujets âgés de plus de 60 ans.

Elles peuvent survenir dès la première prise, sont plus fréquentes après une semaine de traitement, mais peuvent se voir plusieurs mois après son arrêt. Elles siègent le plus souvent au tendon calcanéen (95 % des cas), avec une atteinte fréquemment bilatérale.

Elles peuvent aboutir à une rupture tendineuse (40 % des cas), parfois premier symptôme, surtout en cas de traitement prolongé. Des facteurs de risque associés viennent majorer le risque de tendinopathie sous fluoroquinolones : l’âge, un traitement cortisonique concomitant, l’insuffisance rénale, la surcharge pondérale, la surutilisation, notamment sportive.

Statines

Les statines (médicaments contre le cholestérol) peuvent induire des tendinopathies (deux tiers des cas) ou des ruptures (un tiers des cas) après plusieurs mois d’utilisation, dans environ 2 % des cas. Là encore, le tendon calcanéen est touché dans plus de la moitié des observations.

Les inhibiteurs de l’aromatase

Les anti-aromatases , traitement adjuvant des cancers du sein hormono-dépendant chez la femme ménopausée, peuvent générer des tendionopathies dès le 2 e mois d’utilisation, surtout après chimiothérapie. Sont le plus souvent touchés les tendons des mains et des poignets : ténosynovite de De Quervain, des fléchisseurs ou des extenseurs des doigts, doigt à ressaut.

L’association de ces différents traitements, un sujet de plus de 60 ans, un tendon déjà lésé, sont autant de risque de survenue.

Référence : Rhumatologie pour le praticien, par Bernard Mazières.