Traiter le névrome de Morton sans chirurgie

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L’escalade thérapeutique dans la prise en charge du névrome de Morton doit positionner la chirurgie en dernier recours, ce qui offre une place importante aux procédés non opératoires. Pour mieux comprendre cette pathologie, lisez notre article sur le névrome de Morton.

1. Chaussures adaptées

La première étape consiste bien sûr en une adaptation du chaussage en faveur de chaussures à empeigne large pour décomprimer l’avant-pied, et à talons entre deux et trois travers de doigts au maximum.

2. Orthèses plantaires

Les orthèses plantaires sont ensuite une étape fondamentale. Leur intérêt réside avant tout dans l’élimination des troubles statiques souvent associés au syndrome de Morton, et la notion consistant à expliquer leurs succès thérapeutiques par un soi-disant écartement de l’espace intermétatarsien est erronée. Si la suppression des douleurs est obtenue, cela constitue non seulement un traitement efficace mais surtout une correction du diagnostic : le patient souffrait au premier plan de métatarsalgies statiques et le risque d’échec d’une exérèse chirurgicale a été éliminé.

Cela revient à considérer que face à un authentique syndrome de Morton isolé sans trouble statique associé, les orthèses plantaires seront peu efficaces.

3. Infiltrations

Les infiltrations constituent à la fois une étape diagnostique et thérapeutique. Un soulagement même temporaire des douleurs après injection d’anesthésique local offre une orientation positive supplémentaire en faveur du syndrome de Morton. Le succès dépend de la stricte localisation de l’injection dans l’espace intermétatarsien concerné et en situation plantaire.

Il est classique d’associer à l’anesthésique local un dérivé cortisoné dont l’action antalgique a été démontrée comme étant plus prolongée et d’efficacité supérieure. Toutefois, il ne peut pas s’agir d’un traitement définitif puisqu’il est exceptionnel d’observer une réelle régression de la pathologie après de telles injections.

D’autres agents pharmacologiques peuvent être injectés localement au contact de la lésion de Morton avec des résultats non validés. Ainsi, la phénolisation par injection d’une solution phénolée à 5 % a été décrite comme efficace chez plus de 60 à 80 % des patients traités selon les séries 12 13 14 , mais uniquement à court ou moyen terme.

L’injection de toxine botulique a, elle aussi, été proposée avec 70 % des patients améliorés de leurs douleurs. Cependant cette technique n’a pas fait la preuve durable de son efficacité au-delà de trois mois. Elle doit selon nous rester expérimentale car elle n’est pas encore validée sur un nombre important de patients et par suffisamment d’équipes chirurgicales.

4. Radiofréquence

Enfin, le traitement de la neuropathie par radiofréquence a été proposé par plusieurs équipes, éventuellement guidée par échographie. Un bon résultat est obtenu chez plus de 85 % des patients, mais là encore sur une série à court terme.

Références : C. Cazeau et Y. Stiglitz
Revue Techniques chirurgicales – Orthopédie-Traumatologie

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