Périostite tibiale : causes, symptômes et traitement

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La périostite tibiale se manifeste par une douleur tibiale déclenché par la course. La douleur est typiquement située sur le bord interne du tibia au tiers moyen, plus rarement au tiers inférieur de l’os, sur une hauteur d’une dizaine de centimètres environ. 

La douleur survient est déclenchée par la course et soulagée par le repos. D’installation insidieuse, elle s’aggrave progressivement et limite rapidement le kilométrage du coureur.

L’atteinte est fréquemment bilatérale (50 % des cas) et, dans les formes évoluées, la douleur peut même apparaître à la marche, en côte puis à plat. Le coureur fait souvent lui-même le diagnostic, car cette complication est connue de tous dans le milieu de la course.

Comprendre l’origine de la périostite tibiale

Le périoste est un tissu qui recouvre la surface de l’os ; il est riche en nerfs et vaisseaux et se confond avec les attaches des muscles sur l’os. Lors de tractions excessives et répétées de ces muscles créent une myopériostite sur les zones d’insertions tibiales du muscle tibial postérieur mais aussi, dans les formes évoluées, sur le soleus (soléaire), le flexor digitorum longus (long fléchisseur des orteils) et le flexor hallucis longus (long fléchisseur du gros orteil), une douleur peut survenir directement sur le tibia ou sur les muscles adjacents.

Quels sont les facteurs favorisants ?

La course sur sol dur, le surentraînement, les chaussures inadaptées et les troubles morphostatiques des membres inférieurs (rigidité de la voûte plantaire, pied plat valgus, course en rotation externe de hanche, genu valgum ou genu varum) sont responsables de la majorité des périostites tibiales. Les troubles sont souvent améliorables par le port de semelles correctrices adaptées.

Comment poser le diagnostic d’une périostite tibiale ?

L’examen permet un diagnostic rapide : la sensibilité à la palpation douce réveille une douleur très vive sur 10 à 12 cm de hauteur. Parfois, il existe une augmentation de la chaleur locale, voire une légère tuméfaction.

La palpation de l’os et sa percussion permettent d’éliminer une fracture de fatigue du tibia dont la palpation est extrêmement ponctuelle. Le seul piège réel est l’exceptionnelle fracture de fatigue longitudinale de la diaphyse tibiale.

La ténosynovite du jambier antérieure doit être éliminée par la palpation et l’extension contrariée. La palpation des masses musculaires de voisinage élimine un syndrome de loge profond.

Le diagnostic est clinique et les examens complémentaires ne sont pas indispensables. La radiographie standard est normale ou montre une petite réaction périostée. L’hyperfixation scintigraphique est très caractéristique. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) n’a d’intérêt qu’en cas d’hésitation avec le diagnostic de fracture de fatigue du tibia.

Comment traiter une périostite tibiale ?

La périostite tibiale peut être invalidante pour le coureur, elle doit être prise en charge à un stade précoce pour éviter les complications. Si la douleur resurgit, c’est que quelque chose ne fonctionne pas adéquatement : mauvaise technique de course, surentrainement, chaussures inadaptées… Il faut agir en conséquence pour identifier et corriger les facteurs en cause.

Le traitement symptomatique repose sur le repos sportif (de 10 j à 2 mois selon la gravité), les applications de froid, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en cures courtes et en applications locales, la physiothérapie anti-inflammatoire (ondes pulsées, ionisations, etc.).

La kinésithérapie repose sur des exercices d’étirements progressifs et de postures du soleus, du muscle tibial postérieur et des muscles de la loge antérieure. Bien entendu, le meilleur traitement est le traitement préventif (adaptation du temps de course, correction plantaires, chaussures adaptées, course sur sol meuble).

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