Choisir son hôpital comme sur «TripAdvisor»

Les Allemands peuvent consulter en ligne la cote des hôpitaux

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Comme on choisit son hôtel sur le site «TripAdvisor», les Allemands peuvent sélectionner leur hôpital en consultant en ligne des rapports de qualité qui comparent les différents établissements de santé.

Au moment où le gouvernement québécois veut financer ses hôpitaux à l’activité, il aurait tout intérêt à s’inspirer de ce modèle, croit Youri Chassin, directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal. Il a collaboré à l’étude réalisée par l’économiste allemand de la santé Frederik Roeder sur cet outil mis en place il y a une dizaine d’années.
Le gouvernement allemand exige que tous les hôpitaux, publics ou privés, publient sur Internet des rapports de qualité structurés tous les deux ans, afin de permettre aux patients de faire des choix plus éclairés.

Parmi les indicateurs mesurés, ces rapports fournissent notamment des données sur la qualité des traitements offerts et les taux de réhospitalisation à la suite d’une complication. L’Allemagne vient en outre d’ajouter un palier additionnel à son système de financement des hôpitaux. En plus du paiement pour chaque intervention pratiquée, les établissements recevront désormais une rémunération basée sur la qualité du traitement, afin de les inciter à améliorer leurs résultats.

Système opaque au Québec

«Les hôpitaux les plus performants se trouvent récompensés. Ils font aussi preuve de transparence pour informer la population. Au Québec, on a un système de santé relativement opaque. On ne sait même pas combien coûtent une opération, un épisode de soins. Certaines données existent, mais elles ne sont pas rendues accessibles», constate M. Chassin.

L’étude allemande fait état d’une amélioration notable de 15 % des indicateurs en une seule année, ainsi qu’une réduction de 27 % de la mortalité hospitalière après l’implantation transcathéter d’une valvule aortique. Il en va de même pour le traitement de la pneumonie.

Émulation

«Ces rapports de qualité servent d’émulation aux médecins qui peuvent se comparer et implanter les meilleures pratiques au sein de leur établissement. Le gouvernement allemand laisse également place à l’innovation plutôt que d’imposer des façons de faire mur à mur», analyse M. Chassin.

Les opposants à ces rapports décrient leurs coûts importants avoisinant les 14 millions d’euros. Selon Frederik Roeder, ces critiques ne résistent pas à l’analyse, puisque les dépenses encourues ne représentent que près de 1/7000e du budget global des hôpitaux allemands.

JOHANNE ROY

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