Crescent Diagnostic. un laboratoire pharmaceutique irlandais, propose Osentia ®, le premier test de dépistage précoce (au stade d’ostéopénie) du risque d’ostéoporose, une sorte de TROD appliqué à l’os. Son premier intérêt serait de prévoir le risque fracturaire qui s’attache à la perte de densité minérale osseuse (DMO).

Osentia ® est un test assez original 

Il analyse le risque de fracture à partir d’un fragment d’ongle de doigt ou d’orteil, dont il mesure la teneur en kératine, un marqueur de substitution du collagène, biomarqueur de la DMO, qui correspond à la solidité de l’os.

Après s’être coupé les ongles, l’utilisateur adresse ses coupures d’ongles au laboratoire, qui en fait l’analyse et renvoie le résultat indiquant le profil de risque qui ressort de l’analyse :

risque vert : pas de risque immédiat, nouvelle analyse conseillée dans les 2 ans ;
risque brun : risque modéré de fracture spontanée, augmenter les laitages, cesser de fumer et de boire, activité physique, supplément calcium/vitamine D ;
risque rouge : haut risque de fracture, subir une ostéodensitométrie, consulter un médecin.

L’analyse de l’échantillon prend environ 4 minutes. Le fragment d’ongle est analysé en spectrométrie Raman et excité par un rayon laser de 785 nm. Un spectre est obtenu qui indique la structure et le contenu de l’échantillon.

Lancé en Irlande et au Royaume-Uni, le test peut être commandé on line et devrait être disponible en pharmacies incessamment. Selon l’argumentaire du laboratoire, au vu du résultat l’utilisateur peut déjà changer son mode de vie (alimentation, activité physique) et/ou se faire prescrire un traitement lui permettant de repasser au-dessous du risque fracturaire, dont les cibles principales sont le poignet, les vertèbres et le col du fémur.

Le développement de ce test s’appuie sur un argument du laboratoire 

L’Union européenne compte plus de 30 millions de personnes à risque d’ostéoporose, dont l’identification précoce est essentielle pour intervenir avant que la réduction de la DMO les expose au risque de fracture. Le problème de l’ostéoporose est son évolution longue sans symptômes jusqu’à la fracture.

Selon la Société nationale de l’ostéoporose britannique, en Europe une femme sur deux et un homme sur 5 de plus de 50 ans connaîtront une fracture, principalement due à une mauvaise santé osseuse. Au Royaume-Uni on évalue à 3 millions le nombre d’ostéoporotiques, pour un coût annuel de 2,3 milliards de livres.

Cette initiative, la première du genre, est susceptible de sensibiliser la population à l’ostéoporose, un problème de santé rarement évoqué dans les médias. Or c’est un problème croissant de santé publique dans une Europe au vieillissement exponentiel.

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