Genu valgum chez l’enfant : le traitement chirurgical

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Les troubles statiques des membres inférieurs chez l’enfant constituent un motif fréquent de consultation. S’ils sont le plus souvent physiologiques (normaux), cette consultation peut être l’occasion du dépistage d’une pathologie.

Le rôle du médecin ici est double : d’une part, il doit rassurer les parents devant des déformations physiologiques et préciser leur évolution, le plus souvent favorable au cours de la maturation squelettique. D’autre part, malgré l’apparente banalité des déformations, il doit rester vigilant dans sa démarche diagnostique en dépistant des troubles pathologiques.

Les différentes déformations axiales des membres inférieurs.
Les différentes déformations axiales des membres inférieurs.

Le genu valgum habituel est fréquent entre l’age de 2 et 7 ans. Il est bilatéral symétrique et atteint sa plus grande fréquence vers 3 à 4 ans. Il peut parfois persister après cet âge et donne une morphologie des membres inférieurs en X qui peut être perçue comme inesthétique.

Stratégie thérapeutique devant un genu valgum pathologique

L’évaluation du genu valgum physiologique est fondée sur la mesure en décubitus (position couché) de l’écart intermalléolaire (faces internes des chevilles) avec une limite supérieure à 8 cm.

L’agrafage physaire fémoral distal médial pratiqué à environ l’âge de 12 ans chez la fille et 14 ans d’âge osseux chez le garçon, peut permettre d’obtenir une correction progressive du genu valgum. Une surveillance s’impose car il existe un risque d’hypercorrection en varus si les agrafes ne sont pas enlevées au moment adéquat. En fin de croissance, une ostéotomie de varisation peut être indiquée si la déformation est importante.

Devant un genu valgum grave avec une distance intermalléolaire supérieure à 10 cm à l’âge de 3 à 4 ans, on recherche d’une part une déformation osseuse, résultat d’un rachitisme ou d’une maladie osseuse constitutionnelle, d’autre part une laxité ligamentaire anormale telle qu’on la rencontre dans la maladie de Marfan ou au cours du syndrome de Larsen.

A. Genu valgum bilatéral symétrique chez une enfant âgée de 12 ans avec distance intermalléolaire de 12 cm. B. Agrafage physaire médial fémoral distal bilatéral qui a permis de corriger le genu valgum en 2 ans avec une distance intermalléolaire de 4 cm.
A. Genu valgum bilatéral symétrique chez une enfant âgée de 12 ans avec distance intermalléolaire de 12 cm.
B. Agrafage physaire médial fémoral distal bilatéral qui a permis de corriger le genu valgum en 2 ans avec une distance intermalléolaire de 4 cm.

Le genu valgum unilatéral, en revanche, est presque toujours pathologique. Le diagnostic étiologique est souvent évident ; la déformation est d’origine post-traumatique ou postinfectieuse avec une épiphysiodèse qui répond aux mêmes mécanismes que dans le genu varum.

Il faut distinguer le genu valgum post-traumatique après fracture métaphysaire proximale du tibia. Cette déformation apparaît avec une grande fréquence après une telle fracture même non déplacée. Le pronostic est favorable avec une correction spontanée progressive qui peut s’étendre sur plusieurs années. En revanche, la récidive est habituelle après une correction chirurgicale trop précoce.

Un genu valgum unilatéral peut aussi avoir une origine malformative dans le cadre d’une ectromélie longitudinale externe. Une limitation de l’amplitude de rotation interne de hanche, une instabilité antéropostérieure du genou, une inégalité de longueur des membres inférieurs aux dépens de celui considéré, un talus en dôme sont autant d’arguments en faveur du diagnostic.

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