Ostéoporose : Après 65 ans, le test de densité osseuse s’impose

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Tous les adultes âgés, soit les femmes de 65 ans et plus et les hommes de 70 ans et plus devraient subir un test de densité minérale osseuse, recommandent les auteurs de cette étude, présentée au Congrès annuel 2016 de l’American Geriatrics Society (AGS).

Sa principale conclusion ? Plus de 7 personnes sur 10 âgées qui ont subi une fracture de la hanche n’ont jamais été diagnostiquées avec l’ostéoporose. Or, la très grande majorité des cas de fractures de la hanche, au sein de cette tranche d’âge, est associée à l’ostéoporose et il existe des traitements efficaces.

Il s’agit d’une simple enquête téléphonique auprès de 42 patients victimes d’une fracture de la hanche, après l’âge de 65 ans.

Et cette enquête révèle un niveau étonnant de désinformation et de mauvaise gestion de l’ostéoporose :

· Seulement 12% des patients déclarent avoir des antécédents familiaux d’ostéoporose (ce qui est très probablement très sous-estimé et reflète l’absence de connaissance sur la maladie),
· 57% des patients rapportent que leur praticien hospitalier, après fracture de la hanche, ne leur a pas suggéré de médicaments contre l’ostéoporose,
· 36% des patients n’ont pas reçu de prescription de traitement pour l’ostéoporose.
· Chez les 64% qui se sont vus prescrire un « traitement », il s’agissait majoritairement de calcium et de vitamine D, une combinaison que les auteurs qualifient « d’inefficace » pour prévenir les fractures ostéoporotiques.
· 25% des patients déclarent qu’ils refuseraient les médicaments, en cas de prescription, la moitié des participants ignore quelle serait sa position, 25% se déclarent d’accord pour suivre le traitement.
· Enfin, 36% estiment que le meilleur moment pour l’éducation et la prévention de l’ostéoporose serait au cours des visites de soins primaires, 25% pendant l’hospitalisation pour fracture et 19% pendant la réadaptation.

A noter enfin, après fracture de la hanche, 38% des participants ont fait une chute dans l’année, et 44% ont subi une autre fracture.

Une fracture peut conduire au décès prématuré. La fracture osseuse fait en effet partie, en particulier chez les patients plus âgés, des facteurs « cachés » mais majeurs de décès. Sans compter le risque élevé de complications durable, explique le Dr Wolf-Klein, co-auteur de l’étude, qui recommande donc de prévenir les fractures de la hanche en informant et en diagnostiquant les patients. « Ces données montrent la nécessité d’améliorer le plan de traitement global de l’ostéoporose, qui comprend l’éducation et la prévention des chutes, puis le cas échéant, le traitement par médicaments ».

La maladie peut être traitée : l’ostéoporose touche environ 30% des femmes ménopausées, soit plus de 10 millions de femmes aux seuls Etats-Unis. Or le taux estimé de traitement de l’ostéoporose après une fracture de la hanche varie, selon les pays, de 2% à 25%. Il existe pourtant des médicaments sur prescription capables de maintenir la densité osseuse et de réduire le risque de fracture dont sous forme de pilules hebdomadaires ou de perfusion 2 fois par an.

Bref, tous les adultes âgés de 65 ans et plus pour les femmes, et 70 ans et plus pour les hommes, devraient subir un test de densité minérale osseuse…

Meeting American Geriatrics Society (AGS) 2016 Annual Scientific Meeting 19-May-2016 Survey: 71 percent of hip fracture patients not told they have osteoporosis.


Cette actualité a été publiée sur Santélog par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.

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