Douleur du coude : 5 causes fréquentes

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Il existe différentes affections pouvant provoquer la douleur du coude, selon qu’il s’agit d’une atteinte des éléments attachés à l’articulation (tendons, bourses séreuses, muscles) ou de l’articulation elle-même. Nous allons vous citer 5 causes les plus fréquentes à l’origine de la douleur du coude :

1. Épicondylite

Elle représente à elle seule plus de 90 % des motifs de consultation pour douleurs du coude et correspond à une atteinte de l’insertion à l’épicondyle du tendon commun des muscles épicondyliens.

Symptômes : la douleur est ressentie à la partie externe du coude, irradiant volontiers à la face antéro-externe de l’avant-bras, parfois jusqu’à la main.

injury-armsElle est initialement déclenchée par les efforts et mouvements sollicitant les muscles épicondyliens : verser à boire, manipuler une clé ou un tournevis, ouvrir un bocal, etc. ou faire un coup droit au tennis (d’où le terme tennis elbow). Les gestes déclenchants deviennent de plus en plus simples (serrer la main), puis la douleur devient permanente, parfois exacerbée par le simple effleurement.

À ces constatations viennent s’ajouter deux signes négatifs : l’articulation du coude n’est pas tuméfiée et sa mobilité est normale. Les clichés comparatifs des deux coudes face et profil sont normaux.

Enfin, le diagnostic est habituellement confirmé, a posteriori, par l’efficacité d’une (à trois) infiltration(s) cortisonée(s) loco dolente.

Traitement : le traitement se déroule en plusieurs étapes selon l’importance de l’épicondylite.

Le traitement médicamenteux (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens [AINS] percutanés et per os) peut être tenté mais suffit rarement à la guérison. Souvent, une prise en charge kinésithérapique doit le compléter, associant massages transverses profonds et physiothérapie.

En cas d’échec, les infiltrations de corticoïdes injectables (sans dépasser trois) s’avèrent le plus souvent efficaces.

Dans le cas inverse, une immobilisation la journée (voire également nocturne) en flexion par attelle amovible en matériau thermoformable peut être proposée, pour une durée maximale d’un mois. Une rééducation post-immobilisation s’impose pour récupérer une mobilité articulaire normale.

Enfin, en cas d’échec de l’immobilisation du coude, une cure chirurgicale peut être, exceptionnellement, nécessaire.

2. Hygroma du coude ou bursite séreuse

Il s’agit de l’apparition en arrière du coude, d’une tuméfaction ronde qui correspond au gonflement d’une bourse habituellement vide. Cette bourse séreuse est une cavité close qui facilite le glissement de la peau sur l’os lors de la flexion du coude. Cette poche peut s’enflammer, les parois fabriquent alors du liquide synovial et la tuméfaction apparaît : on parle d’hygroma ou de bursite.

Le plus souvent, cette tuméfaction est peu ou pas douloureuse à la palpation, sans signes inflammatoires locaux. Elle est apparue spontanément ou à la suite d’efforts inhabituels, voire d’un traumatisme local. La ponction, si elle est réalisée, retire un liquide séreux, visqueux, aseptique (ne contient pas de bactéries).

Parfois, l’hygroma est à l’inverse très douloureux, avec importante augmentation de la chaleur locale et fièvre. Il faut alors penser à une bursite infectieuse.

Le traitement de l’hygroma du coude dépend bien sûr de l’origine. Le traitement en générale repose sur les anti-inflammatoires, prescrits de façon prolongée, et, surtout, l’éviction des traumatismes locaux (ne pas s’accouder). L’évolution est le plus souvent favorable, l’exérèse chirurgicale de l’hygroma étant exceptionnelle.

3. Ostéome du muscle brachial antérieur

C’est une complication possible des traumatismes du coude (contusion simple, luxation ou fracture). C’est une ossification du muscle brachial antérieur qui devient visible à la radiographie en quelques semaines. À terme, il peut être volumineux et limiter la flexion du coude.

4. Arthrose du coude

Elle est rare, d’origine presque toujours post-traumatique (chute sur le coude, luxation, fracture) ou microtraumatique (marteau-piqueur).

Elle est révélée par une douleur modérée au mouvement, une limitation de l’amplitude de mobilité en flexion et/ou extension. Les clichés radiographique du coude, de face et surtout de profil, révèlent les signes habituels de l’arthrose : pincement de l’interligne articulaire, ostéosclérose sous-chondrale et ostéophytose.

5. Arthrite du coude

• Arthrite inflammatoire du coude peut survenir dans l’évolution de n’importe quel rhumatisme inflammatoire chronique, mais s’avère exceptionnellement inaugurale et isolée.

• Arthrite infectieuse du coude, à germes banaux ou tuberculeuse, est exceptionnelle.

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