Arthrite : Tabac et obésité réduisent toute chance de rémission

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L’obésité et le tabagisme réduisent toute probabilité de succès du traitement, précoce, de l’arthrite rhumatoïde, révèle cette étude de l’Université McGill (Montréal), avec ces données présentées lors du European League Against Rheumatism Annual Congress (EULAR 2016).

Un message clair, peu de « chance » de rémission durable même avec une polyarthrite rhumatoïde (PR) à stade précoce, chez les patients qui fument et qui sont atteints d’obésités. Les médecins, rhumatologues, doivent relayer le message, en ouvrant à leurs patients les perspectives d’améliorer de manière significative la réduction de leurs symptômes après un traitement adapté.

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique invalidante qui affecte les articulations, les tissus conjonctifs, les muscles, les tendons et les tissus fibreux, entraînant des douleurs et des déformations. La prévalence de la PR varie globalement entre 0,3% et 1% et est plus fréquente chez les femmes et dans les pays développés.

La rémission devrait être l’objectif du traitement chez les patients atteints de PR. Cependant, de très nombreux patients n’y parviennent pas : ainsi, dans les 10 ans suivant l’apparition de la maladie, plus de 50% des patients, dans les pays riches, sont l’incapacité de conserver une activité professionnelle. « En dépit de la forte prévalence de l’excès de poids et du tabagisme chez les patients atteints de PR, on ignorait jusqu’ici dans quelle mesure ces facteurs de mode de vie, évitables, influent sur la probabilité d’atteindre une rémission stable», explique le Dr Susan Bartlett de l’Université McGill.

L’étude montre en effet que ne pas fumer et maintenir un poids de santé peuvent avoir un impact significatif sur la réduction des symptômes. L’étude a évalué les effets indépendants de l’indice de masse corporelle (IMC) et du tabagisme sur le temps de rémission durant les trois premières années suivant le diagnostic, chez 1.008 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde précoce.

– Un peu moins de la moitié des participants hommes étaient en surpoids et un tiers obèses, 20% fumaient.
– Chez les femmes, un peu moins d’un tiers étaient en surpoids, un tiers obèse, et 15% fumaient.

Après ajustement avec les facteurs de confusion comme l’âge, l’ethnie, le degré de handicap, les niveaux de douleur, l’utilisation précoce du méthotrexate,
– le tabagisme et l’excès de poids sont associés à des effets significatifs indépendants et combinés sur la probabilité de rémission durable chez les hommes et les femmes.
· 41% des participants, hommes, non-fumeurs, avec un IMC sain ont une probabilité d’obtenir une rémission durable dans les 3 ans, vs 15% des participants fumeurs de sexe masculin et obèses.
· 27% des femmes dans cette situation, vs 10% des femmes fumeuses et atteintes d’obésité…

Bref, fumer et être en surpoids divisent les chances de rémission par 3.

Cette actualité a été publiée sur Santélog par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.

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