Pincement articulaire lors d'une arthrose de la hanche.

La coxarthrose ou arthrose de la hanche est une maladie fréquente touchant de 2 % à 4 % de la population au-delà de 40 ans touchant les deux sexes et responsable de douleurs et de difficultés à la marche.

Elle est secondaire à une usure du cartilage des surfaces articulaires de la hanche. Son coût économique est élevé, puisqu’elle est à l’origine à la mise en place des centaines de prothèses totales de hanche par an.

Les signes symptomatiques 

1. Douleur : le malade consulte habituellement pour une douleur de pli de l’aine irradiant souvent à la face antérieure de la cuisse et au genou, donnant parfois au malade l’impression d’une douleur musculaire.

C’est une douleur mécanique qui vient à l’effort, aggravée par la position debout prolongé, le port de charges, et calmée par le repos. L’existence de douleurs la nuit ou au repos témoigne d’une poussée inflammatoire ou d’un stade très avancé de l’arthrose.

2. Le dérouillage matinal : qui correspond au temps nécessaire pour dérouiller la hanche enraidie le matin. Le dérouillage matinal est habituellement bref, inférieur à un quart d’heure.

3. La gêne fonctionnelle : elle est variable, liée à l’enraidissement de la hanche ou secondaire à la douleur. Elle se traduit par une limitation plus ou moins douloureuse des gestes de la vie courante.

Quels examens pour poser le diagnostic ? 

Le diagnostic est essentiellement clinique, à l’examen chez le médecin (limitation douloureuse des mouvements de la hanche) et radiologique (pincement de l’interligne articulaire entre la tête fémoral et le cotyle qui témoigne de l’usure du cartilage, présence d’ostéophytes).

Radiographie d'une hanche arthrosique. 1. Pincement articulaire 2. Ostéophytes
Radiographie d’une hanche arthrosique.
1. Pincement articulaire
2. Ostéophytes

La radiographie standard est l’examen de référence. Elle est indispensable et suffisante dans la grande majorité des cas, et aucun autre examen n’est alors nécessaire. Les ostéophytes et le pincement de l’interligne sont habituellement les premiers signes à apparaître.

• Ostéophyte, appelé également bec de perroquet, est une excroissance d’un tissu osseux se développant à proximité des articulations. Les osteophytes sont responsables de la déformation de l’articulation et de la limitation des mouvements.

• Le pincement de l’interligne, témoin de la destruction du cartilage, c’est le critère le plus fiable pour le diagnostic et le suivi de l’arthrose.

• La condensation osseuse et les géodes, généralement d’apparition plus tardive apparaissent dans les zones d’hyperpression.

Les autres examens comme le scanner ou l’IRM n’ont d’intérêt que dans les cas difficiles.

Origines de l’arthrose de la hanche

On a l’habitude de distinguer schématiquement les coxarthroses primitives (sans cause évidente), pour lesquelles aucun facteur de risque particulier ne peut être mis en évidence, des coxarthroses secondaires à des anomalies de structure de la hanche d’origine :

• Acquises (durant la vie) : une fracture de l’extrémité supérieure du fémur, une fracture du cotyle, ostéonécrose (mortification) de la tête fémorale, une infection de la hanche, certaines grandes inégalités de longueur des membres inférieurs …

Le conflit antérieur de hanche se caractérise par une zone de conflit entre la tête fémorale et la partie antérieure du cotyle lors de la flexion de hanche. Cela va entraîner une usure cartilagineuses sur cette partie du cotyle.

• Congénitales (à la naissance) : luxation congénitale de la hanche, dysplasie du cotyle qui se manifeste à la radiographie par une insuffisance de couverture de la tête fémorale qui engendre une mauvaise répartition des contraintes.

Traitement

La prise en charge dépend de multiples facteurs : l’âge, le degré d’activité du patient, l’importance de la gêne fonctionnelle, la sévérité des lésions à la radiographie.

Le traitement repose en premier lieu sur l’association de moyens orthopédiques (kinésithérapie, perte de poids, matériel d’aide à la marche) et médicamenteux. Ces derniers (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, infiltrations intra-articulaires, traitements antiarthrosiques d’action lente) ont pour but de soulager la douleur.

Prothèse totale de la hanche.
Prothèse totale de la hanche.

L’échec du traitement médical bien conduit aboutit, sauf contre-indication, à l’implantation d’une prothèse totale de la hanche.

Le délai entre l’apparition des symptômes et la mise de la prothèse est extrêmement variable (de quelques mois à plus de 20 ans) et dépend essentiellement de la vitesse de progression du pincement articulaire.

Les méthodes conservatrices (butée, ostéotomies) ne s’appliquent qu’à des cas de coxarthroses liées à d’importantes dysplasies chez des malades jeunes. Leur indication est donc limitée aux patients âgés de moins de 50 ans dont l’arthrose n’est pas trop évoluée. La reprise de l’appui n’est possible qu’après 12 semaines et celle de la marche après 3 mois au minimum.

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