Fracture de la hanche : des fractures typiques de l’ostéoporose

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Chaque année, on dénombre des milliers de fractures de hanche (partie supérieure du fémur et col du fémur). La plupart d’entre elles sont dues à l’ostéoporose, une pathologie essentiellement féminine qui fragilise le squelette.

Ce qu’il faut savoir sur nos os et l’ostéoporose

Comme la peau, les os du squelette « vivent ». En permanence, de la matière osseuse est détruite, puis transformée en fines molécules qui sont éliminées dans les urines après avoir été emportées par le sang. Parallèlement, de l’os nouveau se fabrique.

Lorsque tout va bien, les deux phénomènes se compensent, le nouvel os remplaçant l’ancien. Mais à partir d’un certain âge, cet équilibre peut se rompre, sous l’effet de l’ostéoporose, une maladie généralisée du squelette.

La densité osseuse se réduit et des altérations de la microarchitecture osseuse apparaissent. Les os deviennent plus fragiles, entraînant un risque élevé de fracture.

Nous ne sommes pas égaux face à l’ostéoporose. La pathologie touche en grande majorité les femmes. Elle apparaît à des âges variables mais dès 50 ans car elle est étroitement liée à la fin de vie hormonale, c’est-à-dire la ménopause. Certains hommes peuvent être également concernés.

Comment s’effectue le diagnostic de l’ostéoporose ?

Le plus souvent, l’ostéoporose est découverte à l’occasion d’une radiographie réalisée généralement pour une autre raison (un examen systématique, la suspicion d’une fracture après une chute, un mal de dos…). La radio montre alors un os plus clair voire «transparent».

Pour confirmer le diagnostic et quantifier l’ostéoporose, un autre type de radiographie est effectué, le plus souvent sur la colonne lombaire et au niveau des hanches. Celui-ci s’appelle l’absorptiométrie biphotonique à rayons X (ou DXA). Le principe est le suivant : alors qu’une radiographie classique se contente simplement de révéler les os qui arrêtent une partie des rayons X, la DXA permet de mesurer la quantité de rayons qui est absorbée.

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Un logiciel calcule ensuite le degré de minéralisation des os (ou densité minérale osseuse). Le médecin peut alors déterminer dans quelle mesure le tissu osseux du patient se raréfie : à partir de certaines valeurs seuil on parle d’ostéopénie (simple raréfaction osseuse) ou d’ostéoporose (phénomène plus sévère).

Quelles sont les conséquences de l’ostéoporose ?

Outre des douleurs osseuses, les principales complications de l’ostéoporose sont les fractures. Parce que les os ont une densité moindre, ils se cassent plus facilement, spontanément ou à l’occasion d’un choc ou d’une chute.

Les fractures les plus souvent rencontrées sont celles des vertèbres (tassement vertébral), du poignet et, au niveau de l’articulation de la hanche, celles de la partie haute du fémur et du col du fémur. Ces dernières sont les plus handicapantes.

Comment traiter l’ostéoporose pour éviter des fractures?

Seul un médecin (généraliste ou rhumatologue le plus souvent) est en mesure de choisir le traitement le mieux adapté à l’état de chaque patient. Outre une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée et une activité physique quotidienne, le traitement fait appel à plusieurs médicaments dont la vitamine D en premier lieu.

Si celle-ci ne suffit pas, le médecin prescrira un médicament qui bloque la résorption osseuse ou qui stimule la fabrication d’os. Son choix sera fait en fonction de l’âge du patient, de son état osseux révélé par l’absorptiométrie, de ses antécédents fracturaires et de ses bilans biologiques.

Quel est le traitement d’une fracture de la hanche ?

C’est une intervention chirurgicale. Selon l’âge du patient, son état physique, et la nature de la fracture, le chirurgien orthopédiste optera pour une ostéosynthèse ou une prothèse. Le matériel d’ostéosynthèse (clous, plaques, vis) sera retenu pour une fracture de l’extrémité supérieure du fémur n’atteignant pas l’articulation de la hanche proprement dite, alors que la prothèse sera privilégiée pour les fractures du col du fémur.

Dans ce dernier cas, deux sortes de prothèses peuvent être posées en fonction de l’âge et de l’état du patient : la prothèse intermédiaire pour les patients très âgés et peu actifs ou la prothèse totale pour ceux moins âgés qui ont un niveau d’activité conséquent.

D’autre part, pour prévenir les risques de re-fracture, il est indispensable de mettre en place un traitement préventif de l’ostéoporose (médicaments et exercices physiques quotidiens – marche par exemple – simples à pratiquer chez soi ou dans un établissement pour personnes âgées).

Comment se déroule l’intervention chirurgicale d’une prothèse de hanche et quelles sont ses suites ?

La pose d’une prothèse est une opération très répandue. Elle dure 1 heure en moyenne et s’accompagne d’une hospitalisation de quelques jours (en moyenne 5 à 6 jours). L’objectif est de permettre au patient de retrouver son autonomie dans la vie quotidienne en marchant à nouveau, si possible sans douleur et sans aide.

Après la pose d’une prothèse de hanche pour fracture du col, la marche se fait généralement avec appui complet dès les premiers jours après l’opération. La récupération fonctionnelle est variable selon l’âge du patient, ses antécédents médicaux et son état cognitif (pour une personne âgée). Dans le cas d’une ostéosynthèse, certaines techniques permettent la remise à la marche très précoce avec appui complet, sauf avis contraire du chirurgien. Dans les deux cas, une première consultation post-opératoire est à prévoir deux à trois mois après l’intervention.

Cet article a été rédigé avec le concours du Professeur Philippe Merloz, Clinique Universitaire d’Orthopédie, CHU Albert Michallon de Grenoble et ancien président de l’Académie d’Orthopédie Traumatologie

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