Quel bilan radiographique avant une prothèse totale du genou ?

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Si le remplacement prothétique est l’étape ultime dans la prise en charge d’un patient atteint d’une pathologie articulaire du genou, la décision d’intervention est dépendante de critères cliniques et radiologiques qui s’inscrivent dans un contexte lié au patient. Bien qu’il n’existe pas de consensus sur le bilan radiologique « standard » avant une prothèse totale du genou (PTG), celui-ci comportera :

• un cliché des 2 genoux de face debout (en extension ou/et en schuss), profil couché à 30° de flexion, pour vérifier le stade de l’arthrose, l’atteinte uni- ou tricompartimentale, la position d’une cupule, la pente tibiale;

• une incidence fémoro-patellaire (défilé fémoro-patellaire à 30° de flexion pour juger du centrage rotulien, à 60° pour apprécier une éventuelle arthrose fémoro-patellaire);

• des clichés en stress (de face en varus et valgus forcé), pour vérifier la réductibilité de la déformation;

• une télémétrie (pangonogramme ou EOS) debout de face (en appui bi-podal, en appui uni-podal sur le genou concerné) permettant la mesure de l’axe fémorotibial mécanique dans le plan frontal du genou opéré et controlatéral;

• une radiographie du bassin de face debout : une arthrose associée de la hanche, symptomatique, ferait préférer la prise en charge initiale de celle-ci.

Le système de radiographie EOS, 7 à 10 fois moins irradiant qu’une radiographie classique, permet d’acquérir dans le même temps le cliché de face et de profil et de faire des reconstructions 3D utiles pour analyser les déformations les plus sévères des cas difficiles.

Tous ces clichés permettent de mesurer le grade d’usure, de préciser l’état des compartiments et des ligaments collatéraux. Une IRM n’est pas indiquée, sauf s’il existe un doute sur le ligament croisé antéroexterne.

Les patients qui avaient des lésions radiographiques plus sévères avant la chirurgie étaient plus susceptibles d’avoir une amélioration notable en termes de soulagement de la douleur et d’amélioration de la fonction par la pose de la PTG, ce qui veut dire que les chirurgiens devront être particulièrement prudents dans la décision d’opérer un patient avec des gonalgies intenses associées à des signes radiographiques modestes de gonarthrose, ce d’autant qu’il existe des problèmes psychosociaux.

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